Europe de la crise : Berlusconi pavoise, la rue s’enflamme (vidéos)

Publié le par Carland

D’Ariel F. Dumont

Au terme d’un vote de confiance remporté sur le fil du rasoir, le Cavaliere a sauvé sa tête hier. Une décision qui a provoqué de violents heurts dans les rues de Rome.

A trois voix près, Silvio Berlusconi a survécu de justesse hier à une motion de censure à la Chambre des députés. Ce vote a instantanément provoqué la colère de milliers de personnes qui sont descendues dans les rues de Rome pour protester contre l’issue du scrutin.

Lancers de pétards et de pavés, charges de la police et grenades lacrymogènes : les heurts entre manifestants dénonçant la politique du chef du gouvernement et forces de l’ordre ont été d’une rare violence. A l’issue de ces échauffourées, une quarantaine de manifestants ont été blessés. De son côté, le ministre de la Défense Ignazio La Russa a fait état de 50 blessés parmi les policiers.

Nouveau plan de bataille

La journée avait pourtant commencé sous les meilleurs auspices pour Berlusconi : le Parlement lui renouvelait sa confiance et le titre Mediaset, le holding familial du président du Conseil, s’envolait immédiatement à la Bourse de Milan.

Mais tout ne va pas si bien pour Silvio Berlusconi. En échappant de justesse à la motion de censure grâce au vote de trois députés, le Cavaliere s’est offert une simple petite bouffée d’oxygène. Trois votes, c’est en effet trop peu pour lui permettre de gouverner comme il l’entend. Du coup, Silvio Berlusconi va devoir composer. Probablement avec les centristes qui bénéficient du soutien de l’Eglise dont l’influence n’est pas à négliger en Italie. Et les petits partis qui ne veulent pas rester dans les marécages de l’opposition jusqu’à la fin de la législature en 2013.

Après avoir rencontré hier après-midi le chef de l’Etat, Giorgio Napolitano, pour lui rendre compte du résultat du vote, le Cavaliere a dévoilé son nouveau plan de bataille. Un plan avec à la clé un élargissement de la majorité et une coupure définitive avec les traîtres. A savoir, la quarantaine de députés et de sénateurs qui ont suivi le président du Parlement, Gianfranco Fini, après sa rupture avec le président du Conseil italien. «Nous ne discuterons plus avec des personnes qui ont été prises en otage par leurs ambitions politiques personnelles. En revanche, je suis prêt à remanier partiellement mon gouvernement», a déclaré Silvio Berlusconi. L’objectif est clair : quelques responsabilités institutionnelles aux centristes en échange de leur soutien pour éviter des élections législatives anticipées. Une solution que la classe politique italienne, toutes tendances confondues, veut d’ailleurs éviter.

En ce qui concerne en revanche le renforcement de sa coalition pour essayer de revenir à un schéma lui permettant d’obtenir la majorité absolue au Parlement, le Cavaliere a évoqué une ouverture à gauche. «Quelques députés qui déplorent la dérive gauchiste de leurs dirigeants pourraient rejoindre très prochainement les rangs de la majorité», a affirmé Silvio Berlusconi.

Politique du tour de vis

Mais une opération d’une telle envergure ne se fera pas en un jour. D’autant que la situation après le vote au Parlement est loin d’être fluide. Du coté des centristes, on se dit prêt à accepter la main tendue. Mais à certaines conditions. «Pour obtenir notre soutien, Silvio Berlusconi doit d’abord démissionner, ouvrir formellement la crise politique, reconnaître ses erreurs, revoir son programme et, surtout, remodeler ses priorités notamment en matière de politique économique et sociale», a déclaré le centriste Ferdinando Addornato. C’est peut-être trop demander. Avec un endettement qui représente 120% de son PIB, soit l’un des taux les plus élevés du monde, la Péninsule doit appliquer la politique du tour de vis.

 

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