Etat de siège à Notre Dame des Landes. Manifestation tendue contre le futur aéroport de Nantes

Publié le par Carland

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Près de 500 personnes, qui manifestaient à Notre-Dame-des-Landes contre le futur aéroport de Nantes, se sont opposées samedi à plusieurs reprises aux forces de l'ordre très nombreuses qui protégeaient la mairie où se déroulaient deux enquêtes publiques sur le projet, a constaté l'AFP sur place.

Après un défilé dans le calme dans les rues de la commune, manifestants et gendarmes mobiles ont échangé à plusieurs reprises des oeufs contre des gaz lacrymogènes. Près d'une demi-douzaine de personnes ont été interpellées pour des contrôles d'identité suivis de remises en liberté.

Pour protéger le déroulement des enquêtes publiques, à savoir la présence de trois commissaires enquêteurs pendant une demi-journée dans la mairie de cette commune de moins de 2.000 habitants, plus d'une centaine de gendarmes mobiles, mais aussi plusieurs dizaines de CRS avaient été mobilisés.

En face d'eux, près de 500 manifestants s'étaient déplacés, mélange hétérogène de résidents ou d'agriculteurs directement touchés par le projet d'aéroport mais aussi d'opposants venus des régions Pays de la Loire ou Bretagne ainsi que de "squatters".

Ces derniers, pour la plupart âgés de moins de trente ans, sont progressivement venus s'installer dans les maisons désaffectées ou dans des habitations qu'ils ont construites, sur le site même des futures pistes. Ils revendiquent une action et une occupation militante contre l'aéroport et seraient, selon leurs propres estimations corroborées par des observateurs locaux, environ une soixantaine dans quinze lieux.

Ils sont sous le coup d'un arrêté d'expulsion pris à la demande du conseil général de Loire-Atlantique en juillet dernier, les maisons désaffectées étant la propriété du département.

Certains de ces "nouveaux habitants" ont échangé des propos vifs avec des élus locaux également opposés à l'aéroport, à qui ils reprochent de n'avoir pas démissionné, compte tenu du soutien des collectivités territoriales au projet.

Mais dans le même temps, des représentants des principaux mouvements de protestation contre le projet ont pris leur défense. "Les squatters ont un rôle important à jouer dans cette lutte", a estimé le conseiller général d'Europe-Ecologie, Gilles Denigot. "Je les soutiendrai contre les expulsions", a-t-il ajouté.

Même propos chez Dominique Fresneau, coprésident de l'Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernée par le projet d'Aéroport de Notre Dame des Landes (ACIPA), principale association d'opposants. "On les défend, nous avons le même but. S'il y a des expulsions, on ira les soutenir et s'il faut faire des veilles, on en fera", a-t-il déclaré à l'AFP, après avoir dénoncé la "Notre-Dame-des-Landes en état de siège".

L'enquête publique sur le réaménagement foncier rural des communes concernées par le projet et l'enquête parcellaire sur les zones expropriables ont démarré début novembre et mi-novembre, au rythme d'une à deux demi-journée par semaine, avec à chaque fois l'opposition des manifestants face à un impressionnant dispositif de gendarmerie. Trois dates sont encore programmées, les 3, 10 et 16 décembre.

"Le Larzac, Plogoff, Le Carnet, Notre Dame des Landes, même combat", peut-on lire sur une pancarte collée sur les panneaux d'information de la mairie.

Prévu à une trentaine de kilomètres au nord de Nantes, l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, envisagé pour 2017, a été confié fin juillet à un groupement mené par le groupe de BTP Vinci. Ses opposants le jugent inutile et dénoncent les dégats écologiques ainsi que la perte de terres agricoles qu'il occasionnerait.

Source : lepoint.fr

Publié dans Société

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