Entremont Carhaix. Témoignages de salariés... à reclasser

Publié le par Carland

EntremontLe plan social d'Entremont n'est pas bouclé pour tout le monde. Une quinzaine d'ex-salariés, sur la centaine concernée, ont intégré la cellule de reclassement. Sans réel espoir car, selon eux, tout n'est pas fait pour les aider.

Autour de la table, les mains entourant leur tasse de café, il y a Sébastien, Pauline, Éric et Caroline (*). Quatre anciens salariés des ateliers préemballé et affinage d'Entremont, âgés de 49 à 55ans. Si Sébastien a trouvé un autre poste sur le site carhaisien, ses trois collègues sont restés sur le quai. Sans rien. Malgré les propositions de l'entreprise. Alors, ils veulent parler. Se faire entendre et dire qu'ils existent. Ils ont le sentiment d'être un peu les oubliés du plan social chez Entremont.

«Il y a eu de la casse»

«Tout ne s'est pas aussi bien passé qu'on veut bien le dire. Il y a eu de la casse», martèlent-ils. Eux font partie de la quinzaine de salariés, sur les 104 du départ, à n'avoir pas trouvé de solution en interne. Faute de mieux, ils ont choisi d'intégrer la cellule de reclassement de Catalys. «On touche plus qu'au chômage et la cellule nous aide. Enfin, normalement...»

«Aucun lien entre Catalys et les élus»

Une fois par semaine, ils se rendent dans un petit bureau de la place du Champ-de-Foire. Pour faire un CV, une lettre de motivation, un bilan de compétence et surtout savoir si on leur a trouvé un travail. La réponse est non. «Les gens de Catalys font ce qu'ils peuvent pour nous, mais ils ne sont même pas au courant des projets créateurs d'emploi dans le secteur comme Ty Récup. C'est nous qui leur apprenons! Il n'y a aucun lien entre eux et les élus», s'agace Pauline, licenciée après plus de 20 ans chez Entremont.

Pas de solidarité

En fin de semaine dernière, les anciens d'Entremont ont bien reçu un coup de fil de la mairie de Carhaix pour devenir agent recenseur, mais c'est impossible. «Ils savent bien qu'on ne peut sortir de la cellule qu'avec un CDI. Ils se moquent de nous alors qu'ils devraient nous ouvrir des portes», poursuit Pauline. Elle et ses anciens collègues sont en colère. «Il devrait y avoir une solidarité envers les anciens d'Entremont. C'est quand même une entreprise qui compte ici. Elle a fait la fierté de Carhaix», insistent Éric et Caroline. Autour de la table, tous sont pessimistes pour la suite. «On n'y croit pas. Ce sera Catalys jusqu'à cet été puis le Pôle emploi. Et si on trouve du travail, ce sera par nous-mêmes.» Pourtant, aucun n'a des ambitions démesurées. Après plus d'une heure à parler de leur situation, à se souvenir de leur premier et leur dernier jour dans l'entreprise, ils n'ont qu'un seul souhait. «On ne demande pas un boulot de ministre. Juste un emploi pour vivre décemment.»

(*) Les prénoms ont été modifiés.

Publié dans Social

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