Des syndicats en retraite ? (c’est la droite qui le pense)

Publié le par Carland

Je reproduis ce commentaire du texte de Bilger publié sur Bellaciao qui explique bien la grande trouille de la droite au pouvoir.


"J’espère que jamais le pouvoir politique ne sera assez maladroit pour faire prendre aux syndicats leur nouvelle sagesse pour de la faiblesse."

Bravo à Philippe Bilger qui dans sa conclusion vient de résumer ce que pense la droite du syndicalisme d’accompagnement, version 2009 et peut-être 2010....

On y perçoit bien un mélange de satisfaction dans "leur nouvelle sagesse", ce qu’il avait appelé au début de son article "une forme plus apaisée comme s’il y avait moins de lutte des classes et plus d’avenir possible en commun", donc un mélange de satisfaction et de crainte que le pouvoir politique soit si "maladroit" que les syndicats prennent conscience qu’il s’agit de "faiblesse."

Oui, merci à Philippe Bilger, ses craintes sont fondées et son article sert effectivement à démontrer ce que l’auteur redoutait.

Ce que la bourgeoisie craint par dessus tout, c’est un syndicalisme de classe et de masse qui soit en mesure d’imposer un rapport de force qui fasse reculer ses représentants politiques face aux travailleurs.

Alors Ph. Bilger se lâche un peu et utilise toutes les grosses ficelles qui consistent à dépeindre le syndicalisme de classe comme "un fragment archaïque et épique d’un syndicalisme passé de mode." Vieille ficelle destinée à faire croire qu’il existe de mauvaises manières rustiques qu’un homme moderne se doit de ne plus utiliser.

Comment discréditer ce syndicalisme de classe, tant redouté ? En le disqualifiant par sa violence "violences improvisées", "syndicalisme sauvage", "Quoi de commun entre le Conti volcanique Mathieu et Bernard Thibault" mais également en le faisant passer pour stupide.

Il suffit de lire Ph. Bilger : "Je me souviens d’un déjeuner avec Jean-Claude Mailly dont j’avais pu apprécier l’intelligence, la finesse et la capacité de dialogue.Il était clair qu’avec des responsables comme lui, l’État ne perdait jamais son temps.."

Ce qui signifie qu’avec les autres, l’Etat perd son temps car ils sont stupides, manquent de finesse et n’ont aucune capacité de dialogue.

Enfin, la vision que la droite a de ces journées d’action de 24h est parlante : "Peut-être leur nombre s’est-il même accru mais leur tonalité n’est plus la même,..., un galop syndical comme il y a des galops d’essai."

On croirait entendre en écho :"Dorénavant, quand il y a une grève, ça ne se voit même plus !"

Tout cela pourrait être vrai, pourrait être juste. Mais les faits démontrent le contraire.

Un seul exemple, sur la plate-forme de revendications signée par le G8 syndical en 2009, qu’avons-nous obtenu de sérieux ?

RIEN.

Pourtant le 19 mars, 3,5 millions de manifestants, 70 % de la population qui soutient le mouvement et ses revendications, l’exemple de la victoire du LKP dans les têtes, et en fait, il s’agissait juste "d’un galop d’essai", "la grève n’est plus une déchirure, une rupture mais une ouverture" selon Ph. Bilger.

Alors si la droite comme Ph.Bilger "espère que jamais le pouvoir politique ne sera assez maladroit pour faire prendre aux syndicats leur nouvelle sagesse pour de la faiblesse", nous sommes sûrement quelques-uns à "espérer que le mouvement social sera assez fort pour faire prendre conscience aux syndicats que leur nouvelle sagesse n’est que de la faiblesse face au pouvoir de la bourgeoisie.

P.S. : à tous ceux qui viendraient faire croire qu’on "s’en fout de ce que pense la droite " ou qu’il "s’agit d’une manœuvre de division" ou encore "allez plutôt lire ce qu’a écrit la CGT", NON, SVP, ne mettez pas la tête dans le sable, lisez ce que pense la droite des syndicats aujourd’hui et décidez-vous sur ce qu’il faut vraiment faire pour , enfin, gagner.

Jak

Source : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article98480

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