Crédit mutuel-Arkéa (CMB) : la grève se durcit

Publié le par Carland

Troisième jour de grève hier au Crédit mutuel-Arkéa. La dernière réunion de négociation a échoué. Le mouvement est reconduit.

Reportage

18 h, hier au siège du Crédit mutuel-Arkéa au Relecq-Kerhuon. Un feu de palettes finit de se consumer. Un piquet de grève comme on n'en a jamais connu de mémoire de banquier. Les grévistes venus du Finistère, des Côtes-d'Armor, du Morbihan pour la plupart sont là depuis trois jours. Quand les délégués de l'intersyndicale sortent de la salle de réunion, ils espèrent.

Les premiers mots des membres de l'intersyndicale les font vite déchanter. « Voilà ce que la direction nous a dit : il est hors de question de donner des points à tout le monde. » C'est l'une des trois revendications que porte l'intersyndicale emmenée par la CFDT, FO, Unsa, la CGT et le syndicat de la banque. Augmentation de 60 points pour tous, ce qui revient à 2 200 € annuels, augmentation du titre restaurant, et fixation d'un abondement minimal annuel pérenne de 500 €.

Pour la direction, ce sont des points qui seront bel et bien négociés, mais dans un cadre précis qu'est celui de la négociation annuelle obligatoire.

Réponse insatisfaisante, estiment les salariés grévistes. Hier, ils étaient encore 49 % dans le Finistère, 46 % dans les Côtes-d'Armor, et 44 % dans le Morbihan. Dans les autres régions concernées par ce mouvement social, le Sud-Ouest et le Massif Central, toutes les caisses étaient ouvertes.

Enfermés dans le restaurant

Au Relecq-Kerhuon, l'ambiance plutôt bon enfant de la matinée s'est durcie au fil de la journée. Comme ils l'avaient déjà fait à l'occasion d'une réunion la veille, les grévistes ont à nouveau envahi la salle du conseil d'administration où étaient rassemblés les administrateurs du Crédit mutuel, le directeur général, Ronan Le Moal et le président Jean-Pierre Denis. Face au silence pesant des dirigeants, la salle du conseil d'administration résonne des chansons et refrains rédigés dans la nuit : « Les 60 points, on les vaut bien ! » La direction propose une « discussion ». Refus des syndicats qui assènent à nouveau : « on veut l'ouverture d'une vraie négociation. »

À la fin de la matinée, les administrateurs quittent la salle sous les huées. Et se dirigent vers le restaurant d'entreprise qui leur est réservé. Ils ne parviendront pas en sortir. « Nous avons bloqué les issues », indique un délégué syndical. Hier, aucune nouvelle rencontre avec la direction n'était prévue.

Elle aura finalement lieu en fin d'après-midi. Nouvel échec au bout d'une heure et demie, chacun campant sur ses positions. Les grévistes ont voté pour une nouvelle journée d'action. Certains occuperont à nouveau les locaux dans la nuit de jeudi à vendredi.

 

Renée-Laure EUZEN.

Publié dans CMB

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