Conséquences de la loi HPST : Hôpitaux. Les urgences bretonnes sur le fil dans le Finistère

Publié le par Carland

Après trois semaines de surchauffe, l'activité reste encore très soutenue dans les services d'urgences des hôpitaux bretons. En cause, notamment, le manque de lits face au vieillissement de la population.

Les épidémies saisonnières de grippe ou de gastro-entérite expliquent en partie la situation. Mais, plus fondamentalement, le manque général de lits dans les services de médecine se fait sentir, face aux besoins d'une population vieillissante dont l'état exige une prise en charge plus longue.

De la tension

De fait, même si les urgences commencent à se désengorger, ainsi à La Cavale Blanche, à Brest, où l'on est redescendu sous le seuil des 110 passages - au dessus, il faut ouvrir des lits supplémentaires - ou à Carhaix, leur activité ainsi que celle des services en aval reste «très soutenue». Tel est aussi le cas au centre hospitalier de La Beauchée, à Saint-Brieuc, et dans les hôpitaux de Guingamp et Lannion où «il reste très peu de lits disponibles». À Quimper, situation identique avec des services de médecine saturés.

Forte tension, aussi, à Bodélio (Lorient) malgré un week-end durant lequel la situation s'est un peu débloquée aux urgences. Quant à l'hôpital de Douarnenez, il se trouve «au bord de l'implosion» malgré les lits supplémentaires. «On sera peut-être obligé, un jour, de déprogrammer des hospitalisations, même si nous n'en sommes pas encore là», commente un cadre.

Plus de patients âgés

Une hypothèse qu'il faudra, en effet, peut-être, envisager si les moyens affectés aux hôpitaux ne progressent pas à la hauteur des enjeux posés par le vieillissement de la population. Car le problème n'est pas que saisonnier. Une enquête menée au centre hospitalier de Lorient démontre que le nombre d'entrées aux urgences stagne depuis trois ans: «Nous voyons de moins en moins de jeunes qui venaient aux urgences pour des problèmes traumatologiques.

En revanche, nous accueillons de plus en plus de personnes de plus de 75 ans qui souffrent de polypathologies (*). Ce qui impose une hospitalisation plus longue. Sans oublier le temps de trouver des solutions sur le plan social ou de l'organisation matérielle (infirmières, aménagement des locaux...) avant le retour à domicile de ces patients», confie un cadre médical.



Ce problème structurel va d'autant plus nécessiter des moyens (lits et effectifs) que la proportion des patients âgés est de plus en plus forte: «À Bodélio, le nombre de patients de plus de 80 ans a progressé de 10% entre2009 et2010. Et ce n'est pas fini, selon les courbes démographiques», affirme Marc Klanec, délégué du syndicat Sud Santé. «C'est d'autant plus sensible dans notre établissement que nous sommes deux fois moins dotés que la moyenne régionale. Mais, plus globalement, et toute l'année, il faudra prévoir un accueil médicalisé, le temps du retour à domicile».

L'Agence régionale de santé, consultée par Sud Santé, se montre favorable à un travail en amont des équipes mobiles de gériatrie des hôpitaux, avec les établissements d'accueil de personnes âgées dépendantes et les services de maintien à domicile, dans le but de limiter à l'indispensable les hospitalisations via les urgences. Quoi qu'il en soit, cette véritable question de société appelle des réponses politiques d'envergure.

* Problèmes d'ordre respiratoire, cardiologique ou digestif en plus des affections hivernales.

Publié dans Santé

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