Collectif de Soutien aux Personnes Sans Papiers, autour des carences du Service Public, à la Prefecture de Rennes

Publié le par Carland

Collectif de soutien aux personnes sans-papiers de Rennes.

Sarkozy l’a promis (et il le fait) :  « je ne remplacerai pas 1 fonctionnaire sur 2 au moment des départs à la retraite ».

Mais ça veut dire quoi concrètement à la préfecture d’Ille-et-Vilaine ?

Ça veut dire que, à partir de 8 h du matin (soit 1 h avant l’ouverture des services), on voit se former des files d’attente de 100 à 150 personnes, juste pour entrer dans la préfecture.

Ça veut dire que, si tu veux aller au service des étranger-e-s qui demandent l’asile politique, tu dois arriver à 7 h, soit 2 h avant l’ouverture, pour être sûr-e de passer.

Ça veut dire que, si tu veux être reçu-e au guichet « asile », tu dois arriver à 7 h ET tu ne dois pas être la 30è personne à attendre car la préfecture ne reçoit que 25 personnes dans la journée (mise en place de quotas de tickets, distribués à 9 h et épuisés à 9 h 05).

Ça veut dire que, si tu veux passer dans la journée au service « étrangers », il n’est pas impossible que tu arrives tôt ET que tu attendes pendant plusieurs heures (6 heures pour certain-e-s !!!) avant d’être reçu-e.

Ça veut dire que, si tu oublies une pièce pour ton dossier, tu dois refaire la queue autant d’heures le lendemain (surtout aux services des étranger-e-s).

Ça veut dire que, si tu dois renouveler ton autorisation de séjour chaque mois, tu dois prendre plus d’une demi-journée à refaire la queue chaque mois.

Ça veut dire que, si tu accompagnes des personnes étrangères dans leurs démarches parce qu’elles comprennent mal le français ou parce qu’elles ont peur, tu dois régulièrement attendre plusieurs heures (une militante d’une association d’aide aux étranger-e-s attend plusieurs fois par mois jusqu’à 5 heures par jour !).

Ça veut dire que, même si tu vas au service « cartes grises », tu peux arriver à 9 h mais tu devras parfois attendre pendant 3 heures avant d’être reçu-e.

Ça veut dire que, même si t’as des enfants et que tu ne peux pas les faire garder, tu te taperas des heures d’attente avec tes enfants sur / dans les bras.

Ça veut dire que, tous les jours, les agents de la préfecture craquent parce qu’ils ne sont pas assez nombreux pour remplir normalement leur mission de service public.

Ça veut dire que, dans tous les services, on supprime des postes et on alourdit du même coup le travail de chaque salarié-e de la préfecture.

Ça veut dire que les horaires d’ouverture au public sont de plus en plus limités, notamment pour les étranger-e-s des autres départements qui demandent l’asile et qui n’ont droit qu’à deux après-midi par semaine pour faire leurs démarches (régionalisation). Ça veut dire que souvent, quand la préfecture ouvre, les gens se ruent, se disputent, se bagarrent, un peu comme du bétail parce qu’on les traite comme du bétail !

Ça veut dire que, en plus, on se fout de ta gueule parce que la préfecture est capable de te distribuer une Charte Marianne dans laquelle l’Etat et ses services publics ont le culot de s’engager sur « un accès plus facile aux services » !

RAS – LE – BOL !

Nous voulons des services publics, pas des sévices publics ! Arrêt des quotas !

RASSEMBLEMENTS DE PROTESTATION devant la préfecture de Beauregard jeudi 22 juillet et vendredi 23 juillet à 8 h lundi 26 juillet et mardi 27 juillet à 8 h

Ces 4 nouveaux rassemblements pour un vrai service public à la préfecture font suite aux 6 rassemblements qui ont commencé le mercredi 7 juillet. Les 6 premiers rassemblements n’ont provoqué aucune réaction positive de la préfecture. On nous répond par une présence policière dès 8 h du matin et un filtrage policier à l’entrée de la préfecture quand nous manifestons. On se moque même de nos actions : par exemple le 8 juillet dernier, craignant la médiatisation des files d’attente, la hiérarchie de la préfecture a donné l’ordre à ses agents d’ouvrir les portes 45 min en avance. Une fois encore, les agents ont fait les frais de la « gestion » des services publics tandis que rien ne change pour les usager-e-s.

Nous ne sommes pas assez nombreux et nombreuses pour faire plier la préfecture car cette lutte dépasse les capacités d’un petit collectif comme le nôtre. C’est pourquoi nous appelons les usager-e-s (étranger-e-s et français-es), les salarié-e-s des administrations et leurs syndicats à se rejoindre dans cette lutte qui concerne tous les services publics.

Salarié-e-s, syndicats, usager-e-s : rassemblons-nous ensemble pour un vrai service public !

Collectif de soutien aux personnes sans-papiers de Rennes. Réunion ouverte à toutes et à tous chaque mardi à 18 h 30 à la MIR, 7 quai Chateaubriand

Source : http://www.rennes-info.org/Collectif-de-Soutien-aux-Personnes,4342

Publié dans Société

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