Clymène/Bettencourt - Woerth. Un ministre fragilisé

Publié le par Carland

Empêtré dans l'affaire Bettencourt, Eric Woerth voit son autorité mise à mal, en pleine réforme des retraites.

Eric Woerth contredit par son épouse. Alors que le ministre du Travail répète à l'envi qu'il n'y a pas de conflit d'intérêts dans l'affaire Bettencourt, Florence Woerth a admis qu'elle avait «sous-estimé ce conflit d'intérêts», au Monde, daté d'hier soir. Une déclaration obtenue quelques minutes avant l'émission «Le Grand Jury RTL-LCI», dimanche, où Eric Woerth s'est une nouvelle fois longuement défendu. Le ministre a affirmé n'avoir jamais empêché ni déclenché aucun contrôle fiscal. Il a une nouvelle fois soutenu qu'il n'y avait pas d'incompatibilité entre ses fonctions ministérielles et celle de trésorier de l'UMP qu'il assure depuis sept ans.

Juppé sème le trouble


S'il a reçu le soutien ferme de Nicolas Sarkozy, l'affaire a tourné au pugilat politique, au fil des distillations dans les médias des nouveaux développements de l'affaire, sur fond de soupçons grandissants de fraude fiscale. Et hier, alors que les responsables de droite se sont relayés pour prendre la défense de Woerth face à une opposition socialiste de plus en plus virulente, Alain Juppé a cassé la belle unanimité de l'UMP. Il a estimé que le ministre du Travail devrait démissionner de ses fonctions de trésorier du parti. «Il est certain que la situation qui l'amène à cumuler son poste de ministre et celui de trésorier de l'UMP peut créer des difficultés, je pense qu'il devrait clarifier les choses sur ce plan-là», a déclaré le maire de Bordeaux. Une demande insistante du parti socialiste qui dénonce un «mélange des genres». Du côté de la direction de l'UMP, le message, selon lequel, «le Parti socialiste orchestre une chasse à l'homme», a été répété toute la journée, en écho de Xavier Bertrand qui a parlé de «harcèlement». Le chef de file des députés UMP, Jean-François Copé, avait dénoncé la veille «la vieille technique de l'amalgame», Laurent Wauquiez «une politique de caniveau».

«Une tentative de déstabilisation»

Selon eux, derrière ces accusations, il y a une cible: la réforme des retraites. Ces attaques ne sont «pas le fruit du hasard», répète-t-on à l'envi dans le camp de la majorité. L'Elysée évoque une «tentative de déstabilisation» au moment où Nicolas Sarkozy veut faire aboutir la réforme phare de son quinquennat. Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de gauche, n'hésite d'ailleurs pas à dire que «l'affaire Bettencourt/Woerth l'arrangeait» puisque, selon lui, le ministre du Travail s'en trouve «affaibli».

Source : http://letelegramme.com/ig/generales/fait-du-jour/woerth-un-ministre-fragilise-29-06-2010-971903.php

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