Chine: une cinquantaine de blessés dans des heurts dans une usine en grève

Publié le par Carland

PEKIN — Une cinquantaine de personnes ont été blessées dans des heurts lundi dans une usine à capitaux taïwanais de l'est de la Chine dont les quelque 2.000 employés s'étaient mis en grève pour réclamer de meilleurs salaires et conditions de travail, ont annoncé mercredi des médias.

Une cinquantaine d'employés de KOK, spécialisé dans les pièces en caoutchouc pour voitures notamment, ont été blessés, dont cinq grièvement, dans des affrontements avec des gardes de sécurité locaux qui tentaient de les empêcher de manifester dans la rue, à Kunshan, une ville de la province du Jiangsu, a affirmé le China Daily.

"La police nous a frappés sans faire de distinction (...) peu importait que nous soyons des hommes ou des femmes", a déclaré une employée au journal de Hong Kong South China Morning Post, selon lequel au moins 30 personnes ont été arrêtées.

Un porte-parole de KOK Machinery joint par l'AFP mercredi a indiqué que le travail avait repris normalement et n'a pas voulu commenter davantage.

Les autorités locales n'ont pas non plus souhaité répondre dans l'immédiat, confirmant simplement la reprise des activités de l'usine.

Une liste présumée des revendications des employés de KOK -- 13 points au total -- a été publiée sur un site internet.

Elle fait notamment état de températures trop élevées sur le site et réclame des compensations financières, ainsi que des indemnités pour le logement "devenu trop cher", se plaint que les anciens employés gagnent la même chose que les nouveaux entrants et demande un nouveau système d'augmentation des salaires chaque année.

Le South China Morning Post fait état de témoignages sur des températures de 40 à 50 degrés dans les ateliers et des odeurs "insupportables" de caoutchouc.

Ces événements interviennent alors que plusieurs affaires ont mis en évidence une montée de la contestation sociale au sein des ouvriers chinois, touchant à chaque fois des entreprises à capitaux étrangers.

Les conditions de travail des ouvriers en Chine et leur rémunération ont été largement débattues ces dernières semaines après une série de suicides dans les usines chinoises du taïwanais Foxconn, fabricant de composants technologiques pour les plus grandes marques de la planète comme Apple, Dell, Sony et Hewlett-Packard.

Foxconn a annoncé une hausse des salaires de près de 70% de ses employés chinois à compter du 1er octobre, qui passeront en moyenne de 1.200 yuans à 2.000 yuans (245 euros).

Parallèlement, les usines d'assemblage du constructeur automobile japonais ont été paralysées plus d'une semaine, jusqu'à vendredi dernier, par une grève au sein de l'usine Honda de pièces détachées.

A peine le conflit résolu par une augmentation de salaire de 24%, une nouvelle grève a éclaté lundi dans une coentreprise établie par une filiale de Honda, à Foshan (sud).

Honda a affirmé mercredi que deux de ses usines d'assemblage en Chine restaient fermées à cause de ce mouvement, contredisant une information de l'agence de presse Chine nouvelle.

Enfin selon les médias de Taïwan, une grève a récemment touché un autre taïwanais, le fabricant de composants pour téléphones Merry Electronics qui y a mis fin rapidement en relevant les salaires dans son usine de Shenzhen (Guangdong) de 16,7%.

Source : http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iI92yxqCtbDSvqUo8JdZCKIHhdqQ

Publié dans Monde

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