CFDT- Chérèque : la véritable interview

Publié le par Carland

De mauvais plaisantins ont falsifiés (voir ici) les réponses de François Chérèque au questions des journalistes. Il fallait réparer. Voici donc les vraies réponses de François.


A cinq mois de son congrès, le leader de la CFDT adresse un satisfécit au gouvernement : les salariés verront des résultats en termes de pouvoir d’achat qui continuera de baisser en 2010 et la volonté de Nicolas Sarkozy de relever l’âge légal de la retraite aura le soutient total de son syndicat.

 

Comment jugez-vous le climat social ?

Tout va comme prévu on ferme les boites on licencie. Après le plus dur bien sûr c’est de faire en sorte que les ouvriers plient et ne se révoltent pas. C’est pas toujours facile mais globalement on y arrive. Et puis la on assure le service après vente de la "hausse du SMIC", c’est pas évident croyez moi de vendre une telle arnaque mais les médias font aussi leur part de boulot.

Et du côté des fonctionnaires ?

Même chose que le privé on dégraisse et on fait passer ça sur le dos des 35 heures. La encore tout est dans la manière de vendre la soupe et comme elle est immangeable on est continuellement sur le fil du rasoir. Certes ils souffrent et ça risque de tanguer un peu, il va falloir encore s’appuyer un peu de "dialogue social" pour faire passer la pilule et basta. On doit casser le service public pas jouer l’assistante sociale.

Quel regard portez-vous sur le conflit dans le RER A ?

Ma position est simple je suis du coté du gouvernement pour empêcher que le soutient de ces cochons d’usagers ne se voient trop. Sinon on perdra du temps pour casser ces résistances. Je vous rappelle que le temps c’est de l’argent

Le secrétaire d’Etat à l’Emploi estime complète la boîte à outils face au chômage. Et vous ?

Mais je suis une boite à outils à moi tout seul. La preuve : j’ai un stylo et vous n’imaginez pas le mal que je peux leur faire à ces fumiers de salariés juste avec ce petit outil. D’ailleurs s’ils s’en rendait vraiment compte, ça chaufferait pour mon matricule. Déjà que les précaires et les intermittents viennent me saloper mes locaux... Pour ce qui est du chômage on estime que le niveau de mi-2008 est l’optimum pour gérer le bas peuple au moindre coût. D’ailleurs on est sur la bonne voie, la bourse remonte et c’est ce qui compte hein...

Que préconisez-vous pour les chômeurs en fin de droits ?

Que voulez vous qu’on en fasse. Il faut juste les maintenir en vie des fois que l’on ait besoin de main d’oeuvre. La question s’inscrit dans la globalité des problématiques de la gestion de stock humain qui croyez moi est complexe. Nicole Notat qui m’a tout appris me disait déja en 95 : le pauvre faut le consommer tout de suite, faut pas le laisser penser par lui même sinon il deviens dur, exigeant et il fini toujours par te chier dans les bottes. J’en profite pour rendre hommage a cette grande figure humaniste du siècle passé si cruellement oubliée de nos jours. Paix à son âme.

Présenterez-vous un candidat à la présidence de l’Unedic ?

Ben évidement qu’on va présenter Gaby Bonnant. Il est naturel que l’on signe les accords défavorables au travailleurs c’est notre raison d’être. Bien, on passe pour schizophrène, c’est juste de la prudence. On n’est pas inconscients Gaby et moi au point d’aller leur gueuler dans les naseaux qu’on est en train de les trahir. Vous voulez notre peau ou quoi ?

Comment la CFDT aborde-t-elle la réforme des retraites ?

Il faut être lucide : Le programme du CNR doit être détruit. Pas de bricolage comme en 2003 cette fois on casse tout. Plus de complexes à avoir. Les petites retraites sont une charge pour les actionnaires et ça fait trop longtemps que ça dure.

Ce que vous décrivez ressemble au système de retraites par points, l’une des pistes envisagées. La CFDT y est favorable ?

Bien sûr, il me reste à faire gober ça en "congrès" et fissa on signe. Ils sont bien dressés nos délégués au moins et je ne vise personne.

Plusieurs syndicats soulignent que le système par points n’assurera pas l’équilibre financier des retraites…

On essore les salariés pour donner aux actionnaire. Si ça n’est pas de l’équilibre ça ? Depuis 2003 on prépare le terrain avec Fillon -un pote, ce n’est pas pour s’arrêter au milieu du gué.

Nicolas Sarkozy a annoncé que l’âge légal de départ, aujourd’hui fixé à 60 ans, pourrait être reporté. Qu’en pense la CFDT ?

La CFDT ne pense pas monsieur, elle obéit. Si Sarkosy annonce on applique point barre. C’est d’ailleurs pour ça qu’on privilégie toujours le dialogue

Le leader de la CFTC, Jacques Voisin, a accusé la CFDT de se « compromettre » avec le patronat et le gouvernement. Que lui répondez-vous ?

Enfin quelqu’un de lucide. Nous on collabore sans insulter l’avenir. C’est pour ça que l’on continuera de faire vivre l’intersyndicale pour mieux la tuer. Le repli c’est pas notre truc, nous c’est tous à l’auge en ordre et à l’heure.

Comment qualifier vos relations actuelles avec la CGT ?

Je suis un pragmatique : j’évite leur congrès. Dommage que Bernard n’arrive pas à dompter sa base et pourtant je sais qu’il fait ce qu’il peut le pauvre. Dommage parce qu’a nous deux on en ferait des dégâts boulot.

Jean-Charles Simon, directeur général délégué du Medef, a démissionné. Craignez-vous que les tensions au sein du patronat paralysent le dialogue social ?

Pas mal le coup des "tensions au sein du patronat". Ne vous inquiétez pas pendant ce temps personne ne demande :

qu’est ce qu’un vendu comme moi fait à la tête d’un syndicat...

Pour conclure... Provisoirement !

Publié dans Humour

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