Carhaix. Sodiaal / Entremont. 1.500 personnes défendent le préemballé

Publié le par Carland

Malgré la pluie, et malgré une organisation de dernière minute, quelque 1.500 personnes ont défilé pour défendre l'atelier de préemballé d'Entremont, hier. [Diapo]

De leur propre aveu, les syndicats ne savaient pas trop à quoi s'attendre. Organisée un peu rapidement, après le choc de l'annonce, le 3mars, de la fermeture de l'atelier, la manifestation d'hier leur a montré que les Carhaisiens et centre-Bretons étaient derrière les 104 salariés dont l'emploi est aujourd'hui menacé. «C'est important d'être là, rien que pour leur apporter notre soutien», soufflait ainsi un habitant du Moustoir. «Ici, à Carhaix, on est tous concernés: on a tous un voisin, un ami, un beau-frère dans la boîte», prolongeait la Carhaisienne Isabelle. Témoin de cette solidarité, une boulangerie de la grand-rue qui avait baissé le rideau, affichant un simple «commerçant solidaire», et applaudie par le cortège à son passage.

«L'emmental n'est pas râpé»

Pendant près de deux heures, 1.500 personnes ont ainsi bravé la pluie pour dire leur colère, et leur inquiétude, face à ce qui pourrait être un pas vers «la désertification du Centre-Bretagne», (lire en page 8). Parmi les anonymes, toutes les forces politiques, de droite comme de gauche, et tous les candidats de la circonscription aux prochaines cantonales. Et aussi quelques salariés Entremont de Guingamp, Loudéac ou Malestroit, qui ont martelé les mêmes refrains: «Sodiaal, du boulot», ou «L'emmental n'est pas râpé».

Une première manche

Pour les syndicats, cette manifestation n'est sans doute que la première étape d'une lutte qui ne fait que commencer. S'ils ne se bercent guère d'illusion sur l'avenir de l'atelier, condamné à la fermeture, leur priorité demeure le reclassement des salariés. «Les enjeux des négociations des jours prochains seront déterminants au niveau de l'emploi. Nous ne voulons pas rentrer dans un plan social qui ne fera que détruire la richesse produite dans l'économie locale par ses habitants», affirme Jean-Claude Fauvel (CFDT).

Objectif: «zéro licenciement»

Même son de cloche chez Jean-Noël Collobert (CGT): «Les semaines à venir vont être difficiles à vivre. Il va falloir se serrer les coudes, collectivement. Nous exigerons zéro licenciement». Si la CGT a déjà annoncé son intention d'organiser prochainement des débrayages dans les différents sites du groupe, la CFDT avoue ne pas en être «encore là». Et attend d'en savoir plus sur les intentions de Sodiaal vis-à-vis des salariés du préemballé. Un comité central d'entreprise se tiendra demain, à Paris, qui devrait permettre de dévoiler un calendrier annonçant les futures négociations et les propositions de reclassement. Pour le syndicat majoritaire, l'exigence reste la même: «Respecter l'accord APLD et maintenir l'emploi jusqu'en juin 2012, le temps de trouver une solution de reclassement honnête pour chacun».

Publié dans Manifestations

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