Carhaix. Maternité. La lutte de Carhaix inspire une ville de l'Indre

Publié le par Carland

6778_image.jpgLe Blanc et Carhaix même combat ! La petite commune de l'Indre risque, à son tour, de perdre sa maternité. Mais là-bas aussi, la population crie sa colère. Pour gagner, les élus comptent sur l'aide de Carhaix.

 

Une maternité condamnée, des patients sacrifiés au nom de la rentabilité et une population qui se rebelle contre l'État. Le scénario est connu à Carhaix. Mais cette fois, la scène se déroule loin du Poher... dans le centre de la France.

Trois ans après Carhaix, Le Blanc, petite commune de 7.000 habitants dans l'Indre, vient d'entrer en résistance. Il y a un mois, son député-maire, Jean-Paul Chanteguet, a découvert que l'hôpital était dans le viseur de l'Agence régionale de santé (ARS). «À leurs yeux, il n'y a pas assez d'accouchements dans notre maternité et ils veulent la fermer», souffle l'élu socialiste. Quelque 370 bébés y ont vu le jour en 2010. Un total qui devrait être atteint aussi en 2011. Mais, malgré l'augmentation récente (249 naissances en 2003), le compte n'y est pas.

Pas d'hôpital à moins d'une heure de route

«L'ARS en voudrait 500 par an mais ce n'est pas possible. Et, compte tenu de notre déficit, qui est de l'ordre de 2,4M€, ils nous proposent de fermer la maternité mais aussi la chirurgie la nuit et le week-end. Derrière tout cela, il y a la tarification à l'activité, arme de destruction massive des petits hôpitaux, et la mort de notre service de proximité», s'indigne Jean-Paul Chanteguet.

Une issue impensable pour ce bassin de population de 40.000habitants coincé entre quatre départements (Indre, Inde-et-Loire, Vienne et Haute-Vienne). «Les hôpitaux les plus proches, Châtellerault, Châteauroux et Poitiers, sont à une heure de route. Que se passera-t-il si un accouchement se déroule mal pendant le trajet?», interroge le député-maire monté au créneau, mercredi, à l'Assemblée nationale lors des questions au gouvernement pour réclamer «un égal accès aux soins pour tous».

Carhaix dans les esprits

Le Blanc a donc décidé de se battre. Un comité de défense est né, comme à Carhaix. Et après une réunion publique devant 800 personnes, une grande manifestation a eu lieu vendredi dernier. Le Blanc, 7.000 habitants, a vu défiler plus de 6.000 personnes dans les rues ! «Du jamais vu dans une région où l'on n'a pas l'habitude de se battre».

Dans la presse locale comme dans les rangs des manifestants, on parle de Carhaix. Les17semaines de lutte, la catapulte pour partir à l'assaut de la préfecture, la victoire finale et le film tourné cet été dans le Poher ont marqué les esprits. Après les communes de Saint-Affrique (Aveyron) et Lannemezan (Hautes-Pyrénées) qui ont pris conseil à Carhaix par le passé pour leur hôpital, Le Blanc se verrait bien rejouer la scène de la victoire. Des premiers contacts ont été noués entre les deux villes. Le Blanc veut une aide juridique, Carhaix pourrait même prêter sa catapulte !

  • Dominique Morvan

Le site de la coordination nationale : coordination-nationale.org

Publié dans Hôpital de Carhaix

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