Carhaix. Bars de nuit : le sous préfet crée le chômage et organise le désordre

Publié le par Carland

Quatre bars de nuit il y a huit ans, plus un seul aujourd'hui. La fin de l'ouverture tardive du Tric'Horn fait causer en ville. Beaucoup de Carhaisiens parlent d'injustice et d'une décision qui va créer de l'insécurité.

«Samedi dernier, c'était la première soirée depuis 30 ans où il n'y avait plus rien d'ouvert après 1h du matin à Carhaix!» Comme le rappelle ce commerçant carhaisien, la décision du sous-préfet de mettre un terme à la dérogation de fermeture tardive du Tric'Horn a quelque chose d'historique. Carhaix n'a plus aucun bar de nuit. Il y a tout juste huit ans, il y en avait pourtant quatre: L'Embassy fondé en 1981, L'Attraction, Le Sheridan's et La Brasserie (devenue depuis le Tric'Horn). Tous étaient en plein centre. Les trois premiers ont fermé en l'espace de quatre ans. «Il y avait aussi plusieurs discothèques pas loin. Aujourd'hui, il n'y en a quasiment plus à part le Spot, à Spézet», regrette le même commerçant.

«C'est injuste»

Le Tric'Horn était le dernier endroit en ville où l'on pouvait boire un verre jusqu'à 3h. La plainte d'un riverain, excédé par le bruit, va certainement provoquer sa fermeture. «On tue un bar à cause d'une personne. C'est injuste», s'agace-t-on partout en ville à l'heure du café. Yves Cosseron, le patron du Tric'Horn, est amer. «Je dépose le bilan à la fin du mois. Pour moi et mes salariés, c'est une catastrophe puisque cela met quatre personnes au chômage. Mais pour la ville, c'est aussi très mauvais». L'argument revient beaucoup. La fermeture du Tric'Horn va créer des problèmes. «À 1h, les gens vont se retrouver dehors. Il y aura du bruit dans la rue ou dans les appartements en ville», prévoit Francis Madec, patron de L'Embassy de 1987 à 2010.

«Le sous-préfet crée l'insécurité»

«Samedi dernier, on a déjà eu quelques petits soucis. Des clients, qui savaient que le Tric'Horn était fermé, sont restés traînés et ont fait quelques conneries», précise un patron de bar. «Le sous-préfet crée l'insécurité», tacle un Carhaisien. Christian Troadec n'est pas loin de penser la même chose. «Les pouvoirs publics jouent avec le feu. Le Tric'Horn, qui est bien tenu, est un lieu social important où les gens se retrouvent en toute sécurité après le restaurant. Il est en plein centre donc cela évite de prendre la voiture. Que vont faire les jeunes maintenant?» Comme d'autres, le maire craint un accident de la route et des débordements. Les dégradations commises le week-end dernier sur la maison du riverain, qui s'est plaint du bruit, sont dans tous les esprits. Le maire a condamné ces actes, le patron du Tric'Horn aussi. «Le Carhaisien n'est pas du genre à se laisser faire. Il va encore se passer des choses», prédit un habitant du centre-ville.

Publié dans Société

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