Algues vertes : les associations ont refusé de cautionner l'inauguration de l'usine de compostage

Publié le par Carland

«Indécent» : les associations (*) ont refusé de cautionner l'inauguration de l'usine de compostage des algues de Launay-Lantic.

«Ç'aurait été parfait pour les ministres du Tourisme et de la Santé publique», commentaient, hier matin, les associations sur une plage de Binic «nettoyée jusqu'à l'os», critiquant vertement ce qu'ils estiment être une «opération de communication»: «Ilne suffit pas de ramasser les algues vertes pour résoudre le problème». «C'est indécent parce que cette usine est le symbole même de l'échec de la lutte contre les algues vertes. Les ministres ne devraient pas inaugurer en grande pompe un équipement dont les pouvoirs publics devraient avoir honte», souligne Jean-François Picquot (Eau et Rivières) «et que les contribuables vont devoir payer (5M€)».

Les coûts de collecte

Sans oublier les coûts de collecte:«20 € la seconde, soit 30.000€ par jour, c'est énorme», renchérit Michel Guillemont (Halte aux marées vertes); «Une fois de plus, le principe pollueur-payeur n'est pas respecté». Les associations reprochent de consacrer les moyens de ce plan aux actions curatives: «Cela ne résoudra rien sur le fond». À cet égard, Jean-Marie Le Lay (Sauvegarde du Trégor) regrette que l'on «n'ait pas saisi la chance offerte l'an passé, au moment où le préfet des Côtes-d'Armor précisait que 25% des bassins-versants produisaient les algues vertes en Bretagne. C'était l'occasion de régler rapidement le problème... dont la solution passe essentiellement par la prévention, c'est-à-dire la réduction des nitrates à la source par de nouvelles pratiques et un nouveau modèle agricole».

«On a besoin des agriculteurs»

«L'État n'a pas su prendre un tournant majeur. Mais attention, ajoute Jean-François Picquot: s'il est indispensable de revoir le problème économique agricole breton, c'est avec les agriculteurs. On a besoin d'eux. Au contraire, on veut une agriculture avec plus de paysans. Le problème n'est pas de ne pas produire mais de ne pas tout produire au même endroit. Ce n'est pas simple car l'agroalimentaire représente beaucoup d'emplois. Mais une chose est sûre: toujours plus de cochons, c'est moins de paysans».

* Côtes-d'Armor Nature Environnement, Bretagne Vivante SEPNB, De la source à la mer, Eau et Rivières, Halte aux marées vertes, Sauvegarde du Trégor.

Publié dans Ecologie

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