ADMR. Une problématique nationale

Publié le par Carland

Le réseau d’aide à domicile du Finistère (ADMR 29) souffre. Il est le plus important de France et son état, fébrile, est le plus visible. Mais d’autres fédérations sont également en grande difficulté. Elles mutualisent leurs expériences avec la volonté d’instaurer un mode de fonctionnement clair.

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Premier réseau français des services à la personne (94 fédérations, 3.200 associations, plus de 100.000 emplois), l’aide à domicile en milieu rural (ADMR) vacille aujourd’hui dans plusieurs départements, comme dans Finistère, l’Aube, le Lot, le Pas-de-Calais, les Bouches-du-Rhône, le Jura... Fédérations et associations sont chapeautées par une Union nationale de plus en plus décriée. En opposition, certaines fédérations se réunissent depuis des mois. Avec le soutien de Clymats d’Entreprises, spécialiste lyonnais du conseil aux associations, elles travaillent à un projet alternatif. L’association Mirabelle a été constituée il y dix jours, point de départ avant l’ouverture d’un site internet, fin juin. L’outil permettra de rompre l’isolement des fédérations et d’échanger sur les difficultés et les solutions. Intérêts mercantiles Toutes ces fédérations ne vont pas mal mais toutes dénoncent les pratiques d’une Union nationale (*) aux intérêts mercantiles cachés (holding, filiales capitalistiques, comme Filien qui développe la téléassistance). Certaines n’ont pas souscrit à ses nouveaux statuts. "Le fonctionnement de l’Union nationale présente des faiblesses au plan de l’animation du réseau", pointait déjà, en 2008, un rapport de la mission d’enquête de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas). "Ses capacités d’intervention pour régler des situations difficiles dans les départements sont limitées". Un rapport bien fait. Enterré. Pourquoi ?

Lettre à la ministre
Dans l’Aube, 15 des 33 associations sont, depuis la semaine dernière, en cessation de paiement. La fédération de ce département vient d’écrire à Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités et de la cohésion sociale et va émettre une requête en justice contre l’Union nationale pour ingérence. Dans le Jura, un administrateur judiciaire vient d’être nommé. Le président et la trésorière, débarqués, attaquent en justice des comptes rendus de conseil d’administration qu’ils jugent diffamatoires. Dans le Lot, 22 des 33 associations ont quitté le réseau ADMR et se sont constituées en Société d’économie mixte (SEM). Dans le Pas-de-Calais, l’ancien directeur émargeait à plus de 20.000 € brut par mois, sans compter des avantages annexes. Le tout dûment cautionné par le président de l’époque, aujourd’hui décédé. Le dossier a été transmis au SRPJ de Lille. Une enquête est ouverte.


Le temps est compté
En Finistère, la fédération vient de changer de main. La nouvelle direction prend ses marques, découvre. Mais le tem

ps lui est compté. La fédération a des dettes exigibles et dues de fait depuis le 20 janvier. Elle continue à perdre de l’argent. Les chiffres sont têtus. "La meilleure solution est effectivement le redressement judiciaire et la désignation d’un administrateur qui fasse le travail de reconstruction indispensable". Cette déclaration est de Pierre Maille, président du conseil général du Finistère, principal financeur. Elle date du 23 janvier dernier. Il y a plus de quatre mois déjà.

* L’Union nationale à qui nous avons transmis nos coordonnées directes ne nous a pas répondu.

Publié dans ADMR 29

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