Petite chronique de la précarité ordinaire

Publié le par Carland

Petites considérations sur la précarité, les syndicats et la politique.

Aujourd'hui j'ai 47 ans et comme à 17 ans, je crois toujours au renversement du capitalisme. Je me fais traiter de rêveur, d'utopiste par ceux qui ont un peu plus de vocabulaire. Y compris par des syndiqués et certains militants de « gauche », suivez mon regard ! C'est aussi ça la réalité.

Je ne suis pas salarié, pas chômeur, je dépends du FSI (Fond Social Invalidité). Je perçois environ 650 euros par mois décomposés en deux parts à peu près égales : une pension et un complément FSI. C'est largement au-dessous du seuil de pauvreté... Mais largement au-dessus du RMI.

 Les syndicats n'ont pas su ou voulu voir a partir de 1988 avec la création du RMI, l'instauration d'un sous prolétariat. Ils n'ont pas su défendre l'ensemble des prolos et se sont recroquevillés sur la défense de ceux qui ont la chance d'avoir encore un boulot.

Après la mascarade du 20 mars qui les a vus reporter au 30 mars la discussion sur la poursuite du mouvement. J'ai eu la haine. Pas contre la clique Sarkosienne. Non, contre ceux qui dans notre camp nous font lanterner.

Il y a deux jours à la sortie d'un magasin ou j'avais acheté pour 13,31 euros de bouffe. Oui je ne peux pas dépasser 14 ou 15 euros par chèque sinon c'est le rejet et les frais qui vont avec vu que je suis à découvert.

Pas de quoi avoir le moral, pas de quoi se sentir vivre, plutôt l'envie de raser les murs. C'était sans compter avec le mec qui m'a demandé la pièce. Je l'avais vu en arrivant, je savais qu'il me la demanderait. Je savais aussi, que j'avais 1,25 euros en poche et que je devais acheter du pain.

On a donc discuté un peu. Moi lui disant que je ne pouvais rien lui donner, lui de me répondre que j'avais au moins un toit... Je veux insister sur le ton du gars : pas d'agressivité, pas d'envie... Juste un constat, qui fait mal mais seulement un constat !

Ben oui par rapport à lui, j'ai de la chance. Je dors dans un pieu. Je suis encore connecté à internet et à ce jour on ne m'a pas coupé l'eau ou l'électricité. On est loin des grandes envolées théoriques sur la lutte des classes.

Si je gueule contre la « stratégie » des directions syndicales et politiques, c'est que pour lutter il faut avoir le ventre plein et un lieu de repli (logement). Et ça, beaucoup de militants syndicaux et politiques l'oublie trop souvent.


Je continuerais de militer, mais combien de jeunes avons-nous perdus en route pour les avoir laissés se marginaliser et soyons francs parce qu'ils nous font un peu peur aussi, eux qui ont peur aussi de notre indifférence a leur égard.

Encore un mot. Il ne s'agit pas de larmoyer il s'agit de liquider le capitalisme pour que chacun puisse avoir un revenu lui permettant de vivre dignement : 300 euros d'augmentation et 1500 euros mini pour tous.


Hasta la victoria siempré


Publié dans Politique

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Alberto 25/07/2011 12:56



Voila un lien Interressant sur l'INTERIM ET LA PRECARITE : 

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article119257