Personne n'est à l'abri de l'arbitraire dans la France de Sarkosy

Publié le par Carland

DU PALAIS DES PAPES AU PALAIS DE JUSTICE
OUTRAGE ABUSIF

Ce monde est bizarre. Un homme, Patrick Mohr, metteur en scène helvétique, se fait tabasser par la police pendant le festival d’Avignon, et il est accusé d’outrage. Il y perd sa dignité et se voit écrasé, on parle de “geste technique”.

A la barre, l’émotion le tord. Il sanglote un moment. L’auditoire se fait tout petit. Le président écoute. La procureur affiche une moue feinte de stupéfaction. « la partie civile » se contracte. L’avocat est attentif, ébouriffé comme des droits de l’homme sur la tête. Un homme avec un cœur d’enfant, un tribunal comme au théâtre, des personnages en noir et blanc et au milieu d’un monde en couleur, des journalistes, des policiers, des gens perdus au cours d’un autre procès.

La cour, levez vous. La justice passe, oui même vous qui étiez à terre, levez vous. Vous dites, que vous perdîtes votre honneur mais que n’eussiez vous pensé à lui écrasé sous trois uniformes, ou bien à poil dans le commissariat  quand l’indécent prolonge d’un doigt le regard cauteleux. La salle d’audience, la grand messe et les effets de manche, une procureure qui s’arrête en plein milieu de nulle part à cause d’un sourire, un avocat qui s’empêtre le verbe insignifiant, l’autre qui s’épanche, volubile et maitre de son art.

Qu’avez-vous à ajouter ? Ce monde est bizarre. Un homme souligne l’arbitraire, ce dernier lui dessine une cage, une clé au bras, la gueule sur le pavé, un genou sur sa tête. A ce moment là, vous révélez que vous souffrez mais vous avez dit « elle est belle la France de Sarkozy », mais moi je ne pense pas à Sarkozy quand je souffre. Venant de vous çà ne m’étonne pas madame.

Plus tard en garde à vue, il lui en restera celle de la merde, un étronc laissé là par un incontinent. L’homme est à la barre, il navigue dans son désespoir. La procureur lui dit que c’est une incompréhension, qu’il y a un fossé culturel entre la culture de la police et celle des hommes de théâtre…

Approchez, approchez vous, mesdames et messieurs, grande représentation, attention, ce soir un muscle et deux cerveaux contre des mots, rien que des mots, mais tout de même des mots. Ce soir des bleus, des bleus agités contre des bleus à l’âme. Il avait protesté contre la discrimination et on l’avait trainé en menottes l’helvète, le  trublion. En ce jour il avait réclamé réparation tandis que la force publique lui demandait du pognon. Les policiers qui ont porté plainte ne sont pas venus à la barre…

Philippe Maréchal

Source : http://latelelibre.fr/index.php/2009/03/du-palais-des-papes-au-palais-de-justice/

Publié dans Société

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article