Quimper : jugement des six jeunes carhaisiens !

Publié le par Carland

Belle tribune pour la cause de l'hôpital de Carhaix, hier au tribunal de Quimper. L'urgentiste Patrice Peloux, Christian Troadec et Me Gourvest avocat de six jeunes accusés, ont soutenu le «combat citoyen» des manifestants du printemps. L'audience s'est achevée par des applaudissements, hier au tribunal de Quimper. Six Carhaisiens, cinqhommes et une femme, âgés de 22 à 35 ans, comparaissaient pour violences volontaires contre des gardes mobiles, et deux d'entre eux pour port d'arme de sixième catégorie, des lance-pierres en l'occurrence (*). C'est donc la manifestation du samedi 7juin dernier, la cinquième des Carhaisiens défendant leur hôpital, celle de la «catapulte», qui a été l'occasion d'interpeller des manifestants. Le lance-pierres: «un symbole» «Cela commençait à râler à Quimper, aucun manifestant n'avait encore été arrêté. Il fallait un exemple», dira Me Jean-Claude Gourvest, avocat des accusés. Les interpellations se feront en deux temps, dans les mouvements de foule noyés de gaz lacrymogènes sur les quais de l'Odet. Trois manifestants sont d'abord arrêtés. Sur eux, les gardes mobiles trouvent des lance-pierres, boulons, pétards... Trois autres sont pris en étau 50 minutes plus tard. Ils ont des bâtons en main. L'adjudant des gardes mobiles, appelé à la barre, explique qu'ils ont été «ciblés» car ils lançaient des projectiles. Il se révèle incapable de dire qui a fait quoi précisément. Les accusés ont la parole. Le lance-pierres «c'était le symbole de Plogoff», les bâtons «servaient à repousser les grenades lacrymogènes». Le dossier d'accusation semble bien mince. Viennent les témoins. Anne-Lise Grimaud-Deléon témoigne pour le collectif des femmes enceintes de Carhaix. «J'étais enceinte de cinqmois quand on nous a dit qu'il fallait accoucher ailleurs. C'est déstabilisant. Il y a eu une belle solidarité autour de nous». «La première virulence est celle du pouvoir» Patrice Peloux, le médiatique président de l'association des urgentistes hospitaliers, élargit. «La politique de santé n'est pas une question d'experts, dit-il. Le peuple sait quand on remet en cause l'accès au soin». Un peu plus tard, face aux Carhaisiens, il dira «justifier la virulence de ceux qui ont le courage de manifester. La première virulence est celle du pouvoir qui ne se préoccupe pas des populations». Le maire de Carhaix, Christian Troadec apporte une «solidarité totale à ces jeunes». «Ils sont la tête et les jambes des personnes âgées de notre Poher qui ne pouvaient se déplacer. Ils ont fait un acte citoyen. Le tribunal administratif a ensuite donné raison à ce combat». Me Gourvest finira par dénoncer la légèreté de l'accusation. L'avocat défendra «la légitimité de manifester» pour conclure «sur un combat légitime, généreux, un combat de citoyens».

* Trois relaxes et trois condamnations à deux et trois mois de prison avec sursis ont été requises. Le jugement sera rendu le 12mars.

Ronan Larvor

Source : http://letelegramme.com/ig/generales/regions/finistere/hopital-de-carhaix-tribune-pour-un-combat-citoyen-13-02-2009-248021.php

Voir la vidéo de France 3 iroise  (2ème reportage) :
http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=l29a_locale&video_number=0

Publié dans Hôpital de Carhaix

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