SBFM : ils font marcher l'entreprise eux mêmes !

Publié le par Carland


Après les manifestations de lundi et l’annonce de la suspension du plan social, les salariés de la SBFM, la fonderie de Caudan, ont remis les machines en route.

Le plan social prévoyant 237 suppressions d’emploi a été suspendu, lundi. Les salariés refont tourner l’usine de Caudan depuis hier matin.

Au lieu des 350 tonnes par jour, la fonderie sortira 100 tonnes au quotidien. Hier, tout le monde a repris le chemin des ateliers et des bureaux. La suspension du plan social a redonné un peu d’espoir. Mais l’usine fonctionne sans direction.

Le patron local du site, François de Viry était présent. Pas le directeur de production, Faustino Travaglietti qui a été invité à rebrousser chemin par des délégués CGT. Il s’est rendu à la gendarmerie de Pont-Scorff où il a été entendu. Il a ensuite fait établir un constat d’huissier sur le site de la fonderie dans l’après-midi.

Alors qui pilote le navire aujourd’hui ? « On fait marcher l’entreprise, nous-mêmes » répondent les ouvriers, les cadres et les techniciens, soudés par des semaines de lutte. Les chaînes vont marcher 24 heures sur 24. Combien de temps ? Le PDG du groupe Zen, Florindo Garro, n’a pas souhaité engager de bras de fer, pour l’instant.

Plan social suspendu aussià Châtellerault

Mais tous savent que cette situation ne pourra pas durer très longtemps. Hier, René le Bourvellec, président du comité d’entreprise a adressé un courrier à l’administrateur judiciaire, Maître Eric Bauland. « Nous lui demandons que le tribunal de commerce de Lyon le désigne comme directeur par intérim, d’ici le 10 mars, date à laquelle on doit statuer sur la prolongation du redressement judiciaire de la SBFM. Parce que Garro, on n’en veut plus. » Le tribunal doit se réunir sur le sujet, ce mercredi soir à Lyon.

L’homme d’affaires est aussi dans le collimateur à Châtellerault, où il détient la société New Fabris, spécialisée dans l’usinage de pièces automobiles. Hasard ou coïncidence ? Hier, dans cette entreprise, un plan social prévoyant 226 suppressions d’emplois sur 371, a été suspendu, lui aussi. Les actionnaires n’étaient pas là. Les représentants du personnel de Fabris seront reçus ce mercredi au ministère de l’industrie. Ceux de la SBFM, avec une délégation d’élus du Morbihan le seront jeudi.

Ce coup d’arrêt de deux plans sociaux, dans la sous-traitance automobile est-il lié aux annonces présidentielles sur la relance de l’industrie automobile ? À quel prix se montera la paix sociale, dans des entreprises telles que la SBFM, dont les salariés réaffirment aujourd’hui qu’ils iront jusqu’au bout, pour défendre leur outil de travail ?

Françoise ROSSI.

Ouest-France du mercredi 11 février 2009

Plus d'infos : Blog de cgt sbfm

http://cgtsbfmrebelle.skyrock.com/

 

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