Gaza : appel « occidental » au boycott d'Israël

Publié le par Carland

Dans une tribune libre publiée par le quotidien britannique The Guardian daté du samedi 10 janvier 2008, l'activiste altermondialiste Naomi Klein appelle à « cibler Israël avec les types d'action qui ont mis fin à l'apartheid en Afrique du Sud. ». Cette tribune était auparavant parue sur le site de l'hebdomadaire étasunien The Nation.

Naomi KleinFigure de proue de l'altermondialisme. La Canadienne Naomi Klein est devenue une cheffe de file du mouvement altermondialiste à la faveur de la publication de son essai, No Logo : la tyrannie des marques (Actes Sud, 2001), traduit en 28 langues et dont le titre original pourrait plutôt être rendu par « prendre pour cibles les marques voyoutes » (Taking Aim at the Brand Bullies). Sa contribution au Guardian, intitulée « Assez. Le temps est venu de boycotter » (Enough. It's Time for a boycott) rappelle qu'une première tentative de bannir l'achat des produits israéliens avait été initiée par des organisations palestiniennes en juillet 2005.

Bannir, désinvestir, passer aux sanctions. Intitulé Boycott, Divestment & Sanctions, cette campagne se serait rallié, selon Noami Klein, des israéliens juifs. Figurent en effet, parmi les signataires d'une lettre ouverte adressée à diverses ambassades en Israël, divers intellectuels juifs soucieux de soutenir un mouvement considérant que la communauté internationale traite Israël « avec des mouffles d'enfant » et doit cesser de ménager l'État d'Israël.

Ne pas s'aliéner les Israéliens ? Noami Klein considère que jamais Israël n'a été sanctionné pour ses offensives et sa politique de colonisation. Outre les aides américaines, un accord de libre-échange a été signé entre Israël et les pays du Mercosur, et les exportations vers le Canada ont progressé de 45 % en 2008. L'Union européenne, qui reconstruit sans cesse et à fonds perdu les infrastructures palestiniennes à Gaza, a renforcé en décembre dernier ses accords avec Israël. L'offensive n'a pas, relève-t-elle, fait fléchir l'indice de la bourse de Tel Aviv. Le souci de ne pas s'aliéner l'opinion publique israélienne en vue de rechercher une solution pacifique n'a pas apporté les bénéfices escomptés, souligne-t-elle.

Un cas différent de l'Afrique du Sud. Si Naomi Klein ne disconvient pas qu'Israël présente une nature et un contexte totalement différent de ceux de l'Afrique du Sud de l'apartheid, des similitudes existent. D'ailleurs, le Sud-Africain Ronnie Kasrils, de retour de Cisjordanie et de Gaza, en 2007, a considéré que les conditions sont « infiniment pires que l'apartheid ». On se souvient que ce parallèle avait aussi été exprimé par Mgr Desmond Tutu. Israël, encore moins étendu et encore moins autonome pour ses approvisionnements que l'Afrique du Sud, devrait rapidement sentir les effets de sanctions visant ses exportations et ses importations vitales.

Ne pas couper les ponts et empêcher le dialogue. La troisième objection que réfute Naomi Klein est celle voulant qu'un tel bannissement visant à isoler écomiquement Israël empêcherait de s'avancer sur la voie d'un dialogue constructif. Elle fait valoir que boycotter l'économie israélienne ne revient pas à s'aliéner tous les Israéliens. Certains altermondialistes israéliens peuvent relayer l'argumentation. De plus, elle cite l'exemple de Richard Ramsey, Pdg d'une société de solutions de téléphonie par Internet qui a rompu ses contrats avec la société israélienne MobileMax et signalé qu'aucun concurrent israélien ne serait considéré pour reprendre leur collaboration. Pour Richard Ramsey, il s'agit d'éviter la désaffection de la clientèle hostile à l'offensive israélienne.


Source :

http://www.lepost.fr/article/2009/01/10/1381317_gaza-appel-occidental-au-boycott-d-israel.html

Publié dans Manifestations

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